L'ex-candidate de 2007 a présenté vendredi un «plan de reconquête industrielle».
«C'est un moment très important, très structurant. C'est la démonstration grandeur nature que des solutions sont possibles pour peu que l'on se dote de l'État stratège que je défends, explique Ségolène Royal. Par rapport aux discours déprimants sur la crise, la dette et les déficits, les Français doivent savoir qu'il y a une voie. Ils ne pourront accepter des sacrifices que si nous leur offrons des perspectives claires.» Celles que propose Royal s'articulent autour de la croissance verte. Vendredi donc, s'appuyant sur le sauvetage d'Heuliez, elle a présenté un «plan de reconquête industrielle» pour créer 500.000 emplois en cinq ans.
Pour lancer la MIA, Ségolène Royal a investi 5 millions d'euros par le biais de la région. L'État en a injecté le double via son Fonds stratégique d'investissement (FSI). Ségolène Royal assure que c'est elle qui l'y a poussé. Elle vante son combat contre «les lobby pétroliers et automobiles» et sa résistance aux «manœuvres politiciennes», comme lorsque Luc Chatel, en visite dans sa région, a refusé de monter dans un prototype de la MIA pour une photo à ses côtés.
Au bout du compte, l'entreprise a été sauvée et la voiture MIA roule. «La leçon à retenir de tout cela, c'est la persévérance», dit-elle. Le message est à peine subliminal. Heuliez a survécu contre tous les pronostics; Royal gagnera la primaire contre tous les sondages. C'est elle qui le dit et le redit à l'envi. «Je vais être désignée car je corresponds à ce dont le pays a besoin», assure-t-elle. Puis, plus tard, «j'ai toujours pensé que je gagnerai la primaire».
«J'ai une constance»
Selon elle, la campagne commence à faire apparaître les différences entre les candidats. Dans une critique en creux de François Hollande et de Martine Aubry, elle explique: «Je ne suis peut-être pas parfaite, les gens ne m'aiment peut-être pas mais au moins, avec moi, ils savent ou ils vont.» En clair, ses adversaires suivent une ligne plus fluctuante. «La différence entre nous se fait de plus en plus sur le contenu. Les Français commencent à voir que j'ai une cohérence, une constance, que je ne change pas de cap au gré des sondages», assure-t-elle.En troisième position dans les sondages, ses adversaires la ménagent. Ils espèrent pouvoir compter sur son soutien au second tour. Elle en revanche n'hésite pas à se montrer très critique à leur encontre. Hollande? «En 2002, on a déjà eu un candidat normal. On voit ce que cela a donné.» Aubry? «À Marseille, elle a défendu la sécurité mais quand j'ai proposé l'ordre juste en 2007, on m'a rétorqué “c'est juste l'ordre”.» Puis Ségolène Royal énumère: «Ordre juste, encadrement militaire des mineurs délinquants, croissance verte, refus des hausses d'impôts… Ils reprennent mot pour mot toutes mes propositions.» Elle compte sur les débats télévisés pour le leur rappeler.
source : le figaro

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